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Situé en bord de mer, le village des Trois Chants était, autrefois, constitué exclusivement de pêcheurs. Ses habitants ont reculé dans les terres, abandonnant la pêche aux profits de l'agriculture et de la chasse.
Au sommet d'une petite colline, en bordure de foret, il reste cependant proche de la plage.
Le village tire ses revenus de plusieurs sources : la chasse, l'agriculture, l'élevage et le commerce.
 Enfin nous revenions au village ! Deux longs mois passés loin de nos terres et nos familles... Nous arrivions par la plage grâce à Udrann le passeur. Nul autre que les passeurs n'avait navigué depuis la malédiction des Foldaeg... La malédiction des Foldaeg, il avait fallu des évènements graves pour que nous prenions la mer malgré cela. Mais nous étions enfin de retour chez nous. Les rares huttes installées sur la plage étaient balayées par les vents, le ciel lourd laissait présager l'orage pour cette nuit. Derrière nous, la mer grondant du souffle de Mannanan Mac Lyr, devant nous la colline et en son sommet, le village ! Suivant mes compagnons, j'empruntais le chemin de galets qui montait vers la droite et s'enfonçait dans les terres. Au loin, on pouvait entendre les coups de hache en provenance de la forêt. Arrivé en haut de la colline, je vis sur le flanc sud, les troupeaux de moutons d'Ebliu que tout le monde au village appelait « le sanglier » tant son visage et sa pilosité rappelaient ceux d'un porcelet. Le vieux berger était comme toujours en train de compter ses bêtes alors que ses fils s'amusaient à les éparpiller. Lorsqu'il nous vit, il nous fit un signe et Teagan le turbulent, son cadet, partit en courant vers le village, dont chaque maison laissait échapper sa fumée en signe de bienvenue. A mesure que nous approchions, je sentis l'odeur du lard fumé m'envahir les narines, et commençais à entendre le son régulier du marteau de la forge. Fingen et Bearach qui étaient de garde à la porte sud, nous accueillirent à grands renforts d'éclats de rire et de tapes dans le dos. J'étais heureux, prêt à entendre n'importe lequel des Trois Chants qui m'avaient tant manqués. Chaque maison, chaque hutte que nous croisions, était là pour me rappeler combien j'aimais mon village et ses habitants. Qu'il était bon de retrouver ces huttes protectrices tassées les unes contre les autres, comme pour trouver de la chaleur en plein milieu de cet hiver. Et cette vie qui animait le village comme nul part ailleurs, chacun vaquant à ses occupations. Au loin on pouvait voir le tonnelier sortant ses nouveaux fûts en partie caché par Davan suspendant la laine qu'elle venait de laver. Ici un chien courant après une poule, là un cochon somnolant au coté d'une vache... A droite, le tanneur ajustait une nouvelle bride sur le cheval de Dron, alors qu'à la maison suivante, on pouvait voir Forgall le marchand qui rangeait son étal. Tiens, il y a du poisson en ce moment ? Une caravane ambulante a dû passer récemment. Perdu dans mes pensées, je ne vis même pas les vases que Riagal le potier était en train de ranger sur la place et je faillis trébucher, manquant d'en casser un. Près de la maison commune, Kienhan portant un faon sur ses épaules, nous souhaita la bienvenue. Nous avions dépassé la hutte de Brigaël, et nous étions à présent devant la maison de notre chef. Presque tout le village s'était rassemblé derrière nous sur la grande place des banquets. La porte de la hutte de notre chef s'ouvrit et Auros apparut, le visage radieux éclairé par un large sourire. « Par le Dagda, vous êtes enfin revenu ! »
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